
République démocratique du Congo
La mauvaise gouvernance accentue les risques de balkanisation malgré l’accord de Washington pour la paix
Malgré les espoirs que certains tentent à tout prix de susciter par l’«accord de Washington » et les efforts diplomatiques en cours, la République démocratique du Congo reste confrontée à une réalité implacable : insécurité persistante, fragilité financière, tensions budgétaires structurelles et crise de gouvernance.
L’émission récente de 70 millions de dollars en bons du Trésor par le ministère des Finances dirigé par Doudou Fwamba illustre cette situation.
Derrière cet instrument financier finalement assez courant dans le monde, se profile un malaise plus profond : un modèle de gestion publique qui expose le pays à des risques économiques et politiques majeurs, dont celui d’une fragmentation progressive du territoire.
Un budget de 16 milliards de dollars, mais un État sous pression

Le budget national congolais tourne autour de 16 à 17 milliards de dollars. Rapporté à une population estimée à plus de 100 millions d’habitants, cela représente environ 150 dollars par habitant et par an — un niveau extrêmement faible pour un pays aux immenses ressources minières.
Structure approximative des dépenses :
(NB/ Source des chiffres : Croisement des données, du FMI , de la Banque mondiale et des rapports onusiens, du budget officiel de la RDC & CNRC)
· 35 à 40 % pour le fonctionnement (salaires, institutions, sécurité) → 6 à 7 milliards $
· 20 à 25 % pour les secteurs sociaux → 3 à 4 milliards $
· 20 à 25 % pour les investissements (infrastructures) → 3 à 4 milliards $
· 10 à 15 % pour le service de la dette → 1,5 à 2 milliards $
La masse salariale publique absorbe à elle seule plus de 5 milliards de dollars par an dans un régime gangrené par le népotisme et le tribalisme. Dans un contexte de faible pression fiscale et d’insécurité, cette rigidité budgétaire réduit fortement la marge de manœuvre.
L’irresponsabilité budgétaire : élites privilégiées, population appauvrie

Alors que le revenu moyen annuel d’un Congolais reste inférieur à 600 dollars, les rémunérations des hauts responsables politiques sont sans commune mesure.
Un ministre congolais perçoit, selon diverses estimations publiques et nos propres investigations des centaines de milliers de dollars par mois. Nos sources au sein de son propre ministère nous ont certifié que la première ministre par exemple, Madame Judith Suminwa , touche au moins 500 000 $ par mois . Comme leur Maitre à Kigali , la RDC est devenu spécialiste en bidonnage des chiffres officiels. À cela s’ajoutent véhicules officiels, carburant, sécurité, logements et avantages en nature. Le coût total d’un cabinet ministériel dépasse facilement 1 à 3 millions de dollars par an.
En comparaison, un enseignant du primaire gagne en moyenne 150 à 250 dollars par mois, soit moins de 3 000 dollars par an. Ce contraste illustre une fois de plus l’injustice sociale et fragilise d’autant plus la légitimité de l’État.
Infrastructures : 3 à 4 milliards budgétés, peu de visibilité
Alexis Gisaro sur les pas de Barthélémy Bisengimana

Environ 3 à 4 milliards de dollars sont théoriquement affectés chaque année aux investissements et infrastructures. Pourtant :
– Le réseau routier asphalté reste inférieur à 3 000 km praticables pour un pays grand comme l’Europe occidentale.
– Moins de 20 % de la population a accès à l’électricité.
– De nombreuses infrastructures annoncées ne sont ni achevées ni auditées publiquement.
Le problème n’est pas uniquement le volume budgétaire, mais la qualité de la dépense : retards, surfacturations, absence de transparence et faible contrôle parlementaire. Où va l’argent ?
Les congolais devraient s’en inquiéter. Puisque bien que nous soyons en guerre contre le Rwanda, Félix Tshisekedi n’a cessé de nommer des agents de Kagame à des postes stratégiques. (Kabanda, Wameso, Nkinzo, Kamerhe, Ibalanky, Gasita, Masunzu, etc…)
Dans le cas présent, Il a donc confié un département qui représente l’une des plus grosses dépenses budgétaires de l’Etat congolais à un agent de Kigali , Alexis Gisaro. Barthélémy Bisengimana avait occupé le même type de poste avant de devenir directeur de cabinet de Mobutu. Là où le Zaïre avait tenté ensuite d’écarter la menace, Félix Tshisekedi lui, s’active à rétablir toutes les passerelles permettant à Kagame de continuer à contrôler la RDCongo .
Insécurité chronique : 2 à 3 milliards de dollars de coût annuel

La guerre persistante dans l’Est (notamment au Nord-Kivu et au Sud-Kivu) coûte :
· 1 à 2 milliards $ de dépenses sécuritaires annuelles
· 500 millions à 1 milliard $ de minerais sont exportés illégalement
· 200 à 400 millions $ de pertes fiscales directes
Malgré ces dépenses, le constat reste sévère : aucune récupération territoriale majeure durable n’est enregistrée. Avec le retour de la MONUSCO, grâce à la duplicité de Félix Tshisekedi, la situation évolue désormais vers une mise en place de zones tampons et des lignes de front figées. Ceci confirme simplement toutes les alertes de feu Mr Honoré Ngbanda et du CNRC contre la perte progressive de souveraineté de la RDC grâce à l’imposteur Joseph Kabila et son successeur Félix Tshisekedi.
Si l’on considère que chaque année 2 à 3 milliards sont mobilisés pour la sécurité sans amélioration visible, l’efficacité de la stratégie militaire et budgétaire est légitimement questionnée. Et la trahison du gouvernement collaborationniste en place devient une évidence.
Dépendance critique au Katanga

Les provinces minières du sud — notamment le Haut-Katanga représentent 40 à 50 % des recettes publiques, soit environ 6 à 8 milliards de dollars par an. Au vu de la dégradation sécuritaire actuelle du pays , si ces régions venaient à être déstabilisées :
Cela entrainerait une réduction du budget de 16 à environ 9–10 milliards $. Avec un déficit immédiat de 1 à 3 milliards $.
Ainsi , avec un recours massif à l’endettement ou risque de défaut, la concentration des ressources dans une seule zone géographique constitue un facteur structurel de vulnérabilité.
Les bons du Trésor : solution temporaire ou fuite en avant ?
L’émission de 70 millions $ en bons du Trésor à environ 9 % sur 18 mois implique un remboursement proche de 79,45 millions $. Si le franc congolais se déprécie de 50 %, les investisseurs en monnaie locale peuvent subir une perte réelle supérieure à 20 millions $.Un recours répété à l’endettement intérieur pour financer le fonctionnement plutôt que l’investissement productif accroît la fragilité systémique des finances du pays .
La RDC reste sous-programme du Fonds monétaire international ( FMI) avec sa mise constante sous tutelle, sous couvert d’une nécessité d’ encadrement macroéconomique externe.
L’insécurité gagne la capitale : symbole de la déliquescence inquiétante de l’État

Même Kinshasa, siège des institutions, connaît une hausse des braquages, cambriolages et violences urbaines. Or quand la capitale , elle-même (vitrine du pays) n’offre plus un sentiment de sécurité stable :
Les investisseurs hésitent, les capitaux fuient, la confiance dans l’État s’érode. L’insécurité urbaine dans le centre du pouvoir devient un indicateur avancé de fragilité institutionnelle.
Vers un risque de balkanisation ?
Lorsque,les recettes diminuent, l’endettement augmente, la sécurité se dégrade, les provinces riches financent l’essentiel du budget, les dépenses de prestige contrastent avec la pauvreté. Alors le risque politique s’accroît.
Si l’État central ne peut plus assurer les salaires sécuritaires ni garantir l’autorité territoriale, certaines provinces pourraient être tentées de gérer directement leurs ressources. La balkanisation ne naît pas uniquement d’un conflit armé ; elle peut résulter d’un affaiblissement budgétaire progressif, d’inégalités régionales et d’une perte de confiance dans le pouvoir central.
En conclusion, avec :
· 16 milliards $ de budget
· Dont 2 à 3 milliards $ sont perdus chaque année à cause de l’insécurité
· 6 à 8 milliards $ de son budget, dépendants d’une seule région minière
· 3 à 4 milliards $ de fonds consacrés aux infrastructures aux résultats peu visibles, et dont une bonne partie sont probablement détournés directement vers Kigali (vu le profil du ministre en charge de ce budget et dans ce contexte de pays occupé)
· Avec une masse salariale publique dépassant 5 milliards $
Le gouvernement congolais confine la RDCongo dans une zone de vulnérabilité élevée. Le pays n’est pas en faillite formelle. Mais le sabotage en règle de sa gouvernance par des acteurs au service de l’occupation ( des collabos) est de plus en plus flagrante et doit interpeller tous les congolais .
La combinaison d’irresponsabilité budgétaire, d’inefficacité sécuritaire et de dépendance aux ressources minières crée un terrain propice à l’instabilité structurelle.
L’accord de Washington, qui n’est qu’un aboutissement du processus de prédation orchestré par Washington lui-même , depuis les administrations Clinton (qui sont à l’origine de la guerre en RDC), ne constitue qu’un remède de façade et ne pourra produire d’effets durables sans réforme profonde en plus de la gouvernance financière, du contrôle des dépenses publiques et surtout d’une stratégie sécuritaire efficace.

Par ailleurs, la viabilité d’un tel accord est d’autant plus discutable qu’il a été signé par un représentant congolais, Tshisekedi, qui a lui-même reconnu son manque de légitimité en affirmant à juste titre, comme les Résistants congolais que Joseph Kabila, son prédécesseur, est bien un imposteur ayant usurpé la nationalité congolaise. (Cf procès de Joseph Kabila). Tous les actes posés par Joseph Kabila sont bel et bien NULS et de NUL EFFET. Le pouvoir de Félix Tshisekedi est une escroquerie pure et simple.
Félix Tshisekedi et son équipe sous emprise extérieure, ne sont pas là pour consolider l’unité nationale en RDC, mais plutôt pour alimenter, entretenir les fragilités qui menacent l’intégrité territoriale du pays et favoriser la main mise étrangère.
Le peuple congolais ne peut donc compter que sur lui-même et doit faire de la reprisedu contrôle des institutions congolaises, et la fin du pouvoir factice de Felix Tshisekedi, une véritable priorité. Il y a urgence.
Paris, 24 Février 2026

Candide OKEKE
· Responsable du pilotage stratégique du CNRC
· Collaboratrice de Mr Honoré Ngbanda de 2005 à 2021
· Responsable du site www.resistancecongolaise.com
· Vice-présidente National de l’APARECO
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