RDC/La souveraineté politique sans souveraineté économique est une illusion -Message du CNRC à l’occasion du 5ᵉ anniversaire de la disparition de Mr Honoré Ngbanda

République Démocratique du Congo


Cinq ans après sa disparition, son œuvre, et en particulier son analyse sur la guerre de prédation dont la RDC est victime depuis plus de 3 décennies résonne aujourd’hui avec une force et une actualité à la fois édifiante et troublante.

L’un de ses documents en particulier intitulé la guerre du Coltan écrit dès le début du 1er mandat de Donald Trump et que nous vous invitons tous à relire prouve à quel point sa vision des enjeux et du chaos géopolitique géopolitique mondial était pratiquement prophétique.  


Une vision prophétique face au chaos géopolitique mondial


A travers ses nombreuses interventions et ses écrits (Livres , articles , etc …) , Honoré Ngbanda avait alerté sur la transformation du monde en un champ d’affrontement stratégique pour le contrôle des ressources, beaucoup n’avaient pas encore pris la mesure de cette réalité.

Aujourd’hui, les faits lui donnent raison :

  • La guerre en Ukraine révèle une lutte d’influence entre grandes puissances.
  • Les tensions autour de l’Iran et du Venezuela illustrent la centralité des ressources énergétiques dans les rapports de force mondiaux.
  • Partout, les conflits se structurent désormais autour du contrôle des richesses stratégiques.

Dans ce nouvel ordre mondial, la République Démocratique du Congo occupe une place centrale.


La RDC au cœur de la guerre mondiale pour les minerais stratégiques

Honoré Ngbanda avait compris avant beaucoup d’autres que :
La guerre en RDC n’est pas une guerre locale, mais une guerre globale pour les minerais stratégiques. Dans son livre Crimes organisés en Afrique centrale en 2004 ou encore dans son livre « Les derniers jours du Maréchal Mobutu », sans jamais avoir été contredit et preuves à l’appui , Honoré Ngbanda décrivait déjà par exemple le rôle de proxy assigné au Rwanda et à l’Ouganda par les véritables instigateurs de la déstabilisation de la RDC que sont les pays occidentaux avec les États-Unis en tête.


Aujourd’hui, cette réalité est visible :

  • Les grandes puissances — États-Unis, Chine, Russie, Union européenne — se disputent l’accès aux minerais critiques congolais.
  • Les accords diplomatiques récents s’inscrivent dans cette logique de sécurisation des chaînes d’approvisionnement.
  • L’Accord de Washington lui-même vise explicitement à ouvrir l’accès aux richesses minières tout en promettant la stabilité et en accordant une prime au crime à leur allié rwandais malgré des millions de morts en RDC
  • ces accords servent ouvertement à protéger les intérêts stratégiques en minerais critiques des puissances occidentales

Ainsi, pour nous qui avons travaillé étroitement avec lui , Mr Honoré Ngbanda nous a appris à nous poser les bonnes questions : On nous parle de paix. On nous parle de stabilisation. On nous parle d’un nouvel avenir pour l’Est de la République Démocratique du Congo. Mais une question essentielle demeure : de quelle paix s’agit-il et au profit de qui cette paix est-elle construite ?


Depuis plus de 30 ans, le Congo saigne. Et pourtant, il est immensément riche. Cette contradiction n’est pas un hasard. Comme l’expliquait Honoré Ngbanda, la guerre en RDC est avant tout une guerre des ressources, dissimulée derrière des discours sécuritaires et humanitaires.


L’Accord de Washington s’inscrit dans cette continuité. Certes, il promet la fin des hostilités et l’arrivée des investissements. Mais il consacre surtout un principe dangereux :

un texte signé avec un gouvernement illégitime et une paix conditionnée à l’accès sécurisé aux minerais stratégiques. La guerre armée semble reculer, mais la guerre économique s’installe, plus discrète, plus légale, plus efficace. Seulement voilà , la souveraineté politique sans souveraineté économique est une illusion

Une paix apparente, une guerre transformée

Cinq ans après la disparition d’Honoré Ngbanda, les événements confirment son diagnostic :

  • Les conflits persistent malgré des prétendus accords parce que les acteurs politiques que l’on nous présente comme des protagonistes sont en réalité des complices
  • La Paix reste fragile parce que tous les mécanismes pour y aboutir sont biaisés
  • Les ressources et la fin de la souveraineté du peuple congolais demeurent en réalité au cœur des négociations secrètes

Les Accords de Washington, présentés comme une avancée diplomatique majeure, apparaissent en réalité comme une transformation de la guerre, et non sa résolution. Ils instaurent un cadre où : la sécurité est conditionnée par l’accès aux minerais et la souveraineté est encadrée par des intérêts extérieurs.

La RDC demeure un enjeu plutôt qu’un acteur, et continue d’être assujetti à des accords qui favorisent davantage les intérêts étrangers que la résolution du conflit .


Honoré Ngbanda était ferme : La souveraineté ne se mesure pas aux signatures apposées au bas des accords internationaux, mais à la capacité des congolais à décider de l’usage de leurs richesses. Tant que le coltan congolais enrichira d’autres économies pendant que les populations locales demeurent dans la pauvreté, la paix restera une chimère.


Une crise de leadership dénoncée avec lucidité


Voilà pourquoi Honoré Ngbanda a insisté très tôt sur un point fondamental :


Sans dirigeants visionnaires, intègres et patriotes, aucune richesse ne peut sauver une nation. La RDC étant toujours un pays occupé, le peuple congolais ne peut rien attendre véritablement du gouvernement en place inféodé aux occupants


Aujourd’hui, force est de constater que :

  • le pays est en voie de balkanisation
  • la gestion actuelle de la crise manque de vision stratégique,
  • les décisions sont dictées par la recherche de survie politique,
  • les accords conclus ne garantissent ni souveraineté réelle, ni justice pour la population
  • Le discours officiel du gouvernement affirme que la souveraineté congolaise est préservée et que les minerais ne sont pas bradés. Mais dans les faits, les dynamiques à l’œuvre prouvent que la RDC reste au menu des grandes puissances, plutôt qu’assise à la table des décisions.

Face à cette situation, le message d’Honoré Ngbanda reste plus que jamais d’actualité :

  • Le peuple congolais doit prendre conscience des véritables enjeux.
  • Il doit mettre un terme au régime d’occupation dont Félix Tshisekedi le Maréchal Pétain congolais est devenu le nouveau cheval de Troie,  et refuser toute forme de domination déguisée.
  • Il doit exiger une gouvernance fondée sur l’intérêt national.Car la véritable bataille n’est pas seulement militaire ou diplomatique. Elle est politique, économique et surtout citoyenne.


La vigilance populaire est plus que nécessaire aujourd’hui, car le régime d’occupation instauré depuis l’arrivée de l’AFDL , qui s’appuie sur des gouvernements illégitimes de Kabila et Tshisekedi ,  instrumentalisent tous les textes pour consolider , légaliser l’occupation, le pillage et le processus de balkanisation du pays.

Leurs prétendus accords de Paix garantissent avant tout la fin de la souveraineté du peuple congolais et l’absence de justice .    La guerre a juste changer de forme puisque la RDC ne contrôle toujours pas ses ressources.


Et pire encore aujourd’hui , il faut désormais ajouter au problème initial, l’augmentation du nombre de troupes étrangères sur notre territoire. En effet , la MONUSCO reste maintenue. Elle est désormais renforcée par les Black Watters. Sans compter,  les militaires rwandais déguisés désormais en civils ou autres « banyamulenge », détenteurs de cartes d’électeurs qui font office de pièce d’identité congolaise, distribuées comme des petits pains par Félix Tshisekedi grâce à des élections biaisées.


Là encore Honoré Ngbanda avait alerté . Une zone tampon prélude à la balkanisation est en train d’être créée de fait , puisque le gouvernement congolais n’a toujours pas repris l’autorité sur cette partie occupée du territoire congolais .


En Conclusion


En ce 21 mars 2026, le CNRC affirme que Honoré Ngbanda n’incarne pas seulement notre passé, l’histoire retiendra qu’il est surtout un éclaireur de l’avenir. Ce qu’il avait vu hier, nous le vivons aujourd’hui.

Car la vérité est désormais simple : Honoré Ngbanda a fait sa part. Il a dénoncé.Il a expliqué.Il a alerté. Aujourd’hui, c’est à nous d’agir. Car comme il nous l’a montré, aucun peuple ne se libère sans conscience.Aucun peuple ne se libère sans courage.Aucun peuple ne se libère sans engagement.En sa mémoire, ne faisons pas seulement un hommage.Prenons un engagement.Celui de comprendre. Celui de défendre. Celui de reconstruire et de refonder la RDC.

Le Congo ne sera sauvé ni de l’extérieur, ni par hasard, mais par la volonté de ses propres enfants. Il nous appartient désormais de finir ce que Honoré Ngbanda a commencé. Et ce qu’il appelait de ses vœux demeure plus que jamais une urgence : Un Congo souverain, conscient de ses richesses, dirigé par des femmes et des hommes prêts à se battre jusqu’au bout pour sa libération totale. Un Congo dont les dirigeants sont au service exclusif de leur peuple et qui ne font pas du bien être de nos populations un simple slogan.

Que son noble combat soit l’héritage du peuple congolais, et inspire plus que jamais les générations présentes et futures.

Ingeta !



Paris, le 21 Mars 2026

Pour le Conseil National de la Résistance Congolaise (CNRC)

Candide OKEKE

• Responsable du pilotage stratégique du CNRC

• Collaboratrice de Mr Honoré Ngbanda de 2005 à 2021

• Responsable du site www.resistancecongolaise.com

• Vice-présidente National de l’APARECO

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