COMMUNIQUÉ DU CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE CONGOLAISE (CNRC)

️- L’ Accord de Washington a échoué. Il doit être annulé. Halte à trois décennies de sacrifice du peuple congolais sur l’autel des intérêts géopolitiques.
– Les États-Unis cherchent-ils réellement à réduire l’influence économique de la Chine en RDC ?
Paris, le 5 août 2026 – Il existe des accords qui ouvrent la voie à la paix. Et il existe des accords qui, sous couvert de diplomatie, consacrent le maintien des causes mêmes des conflits qu’ils prétendent résoudre. L’Accord de Washington appartient malheureusement à cette seconde catégorie.
Le Conseil National de la Résistance Congolaise (CNRC) constate que plusieurs mois après sa signature, cet accord n’a produit aucun des résultats annoncés. Au contraire, plus les jours passent, plus le peuple congolais découvre les aspects controversés d’un texte qui semble avoir privilégié tout sauf la paix. Les populations de l’Est de la République démocratique du Congo continuent de subir les violences, les déplacements forcés et l’insécurité, tandis que les causes profondes du conflit demeurent intactes. Et quand on y regarde de plus près, on constate que cet accord de Washington plante en réalité le décor pour une aggravation de la crise en semant les germes supplémentaires du chaos puisqu’il fait fi de tout principe de justice pour le peuple congolais et ceci alors que notre population commence à sortir de sa torpeur et prend de plus en plus conscience des véritables enjeux.
Le CNRC appelle en conséquence à l’annulation pure et simple de l’Accord de Washington, devenu l’illustration d’une approche diplomatique qui traite les conséquences sans jamais s’attaquer aux causes.
Cette évolution ne surprend pas pour autant le CNRC. En effet, dès l’annonce de ces accords, notre mouvement avait dénoncé un processus négocié sans véritable participation du peuple congolais, privilégiant les considérations géopolitiques aux exigences de souveraineté, de légitimité institutionnelle et de justice. Il s’appuyait même sur un accord régional illicite, celui de l’EAC, alors que le gouvernement congolais s’était engagé, sous la pression populaire, à retirer la RDC de cet organisme intégré sans son consentement et clairement contre ses intérêts.
Oui, « ce qui est fait pour nous , sans nous , est contre nous » .
Le CNRC avait également averti qu’aucune paix durable ne pouvait résulter d’un accord conclu en faisant abstraction de la question fondamentale de la légitimité des autorités qui engagent l’État congolais. Surtout qu’à ce sujet plusieurs membres du gouvernement congolais ou de la majorité présidentielle nous ont donné raison en reconnaissant publiquement l’imposture et donc le manque de légitimité , du régime précédent présidé par Joseph Kabila et dont ils sont pourtant eux-mêmes le fruit .
Les faits confirment donc aujourd’hui nos avertissements : La RDC est un pays occupé ; les gouvernements successifs depuis la chute de Mobutu n’ont pas qualité pour engager le peuple congolais.
Mais au-delà de cet échec, une question essentielle mérite désormais d’être posée :
les États-Unis cherchent-ils réellement à mettre fin à cette guerre ? Cherchent-ils réellement à réduire l’influence économique de la Chine en République démocratique du Congo ?
Si tel était véritablement leur objectif stratégique, une autre démarche s’imposait.
Washington disposait d’un levier infiniment plus puissant que la seule négociation d’un accord diplomatique : le droit.
Car lorsqu’un pouvoir souffre d’un déficit de légitimité, ce n’est pas seulement sa gouvernance qui est en cause, c’est également la portée juridique et politique des actes majeurs qu’il pose au nom de la Nation.
Une administration américaine véritablement déterminée à ouvrir une nouvelle page aurait pu faire de cette question un préalable incontournable. En usant de son influence diplomatique, les États-Unis auraient pu favoriser une réévaluation de la validité des principaux engagements pris sous des autorités dont la légitimité est contestée à juste titre, ouvrant ainsi la voie à un réexamen des contrats miniers, énergétiques et économiques que le CNRC, ainsi que de nombreux acteurs congolais, considèrent comme profondément déséquilibrés et contraires aux intérêts supérieurs de la Nation.
C’est précisément là que résidait le véritable levier stratégique.En rebattant les cartes sur le terrain du droit, les États-Unis auraient simultanément contribué à restaurer la souveraineté économique de la RDC, à assainir durablement le secteur minier et à créer les conditions d’un partenariat renouvelé, transparent et mutuellement bénéfique.
Ils auraient également créé les conditions d’un rééquilibrage naturel de la compétition économique internationale en Afrique centrale.Au lieu de cela, Washington a choisi une autre voie. En reconnaissant comme interlocuteur privilégié un pouvoir dont la légitimité est contestée, les États-Unis ont choisi de préserver l’architecture juridique, institutionnelle et contractuelle construite sous ce même pouvoir. Autrement dit, les États-Unis ont renoncé au principal levier qui leur aurait permis de rebattre efficacement et durablement les cartes.
Le CNRC ne peut manquer de relever la contradiction qui en résulte. Si l’objectif affiché consiste à limiter l’influence économique de la Chine dans la région, pourquoi préserver les fondements juridiques et contractuels qui ont précisément permis son développement ? Cette contradiction nourrit une interrogation légitime sur les véritables finalités de la stratégie actuellement poursuivie.
Cette interrogation est renforcée par d’autres éléments.
Le CNRC relève que des informations relayées au fil des années, notamment par M. Honoré Ngbanda et certains médias, ont également évoqué des transferts ou des circuits liés à des matières stratégiques impliquant la RDC et l’Iran.
Dans le contexte international actuel, il est légitime de s’interroger sur la cohérence d’une politique américaine qui, tout en tentant d’afficher une grande fermeté à l’égard de Téhéran, continue de s’appuyer sur les mêmes structures politiques ayant exercé le pouvoir durant ces périodes , et entretenu des échanges commerciaux avec ce dernier.
D’autre part , le CNRC juge particulièrement préoccupante l’image que cette stratégie américaine projette auprès du peuple congolais. En continuant à faire du régime actuel le principal pilier de sa politique en RDC, Washington donne le sentiment de privilégier une fausse stabilité apparente au détriment des principes de bonne gouvernance, de respect des droits de l’homme, de responsabilité publique et de souveraineté populaire.
Cette perception est d’autant plus préoccupante que le régime actuel est vivement critiqué par ses opposants et de nombreux acteurs de la société civile tant il affiche aujourd’hui son incapacité à restaurer l’intégrité territoriale du pays malgré l’augmentation des dépenses militaires. Félix Tshisekedi sont particulièrement stigmatisés pour une récurrence d’accusations de mauvaise gouvernance, de détournements de fonds publics, de violations des droits fondamentaux et pour l’absence de réponses aux attentes essentielles de la population.
Le CNRC considère qu’aucune démocratie ne peut donner l’impression que ces réalités sont secondaires lorsqu’elle affirme défendre les valeurs de liberté, d’État de droit et de responsabilité publique.
Le CNRC tient à rappeler un principe fondamental : la République démocratique du Congo n’a pas vocation à remplacer une tutelle par une autre. Le respect de la souveraineté congolaise, de la légitimité des institutions qui engagent l’État et des intérêts supérieurs du peuple congolais constitue la seule base acceptable de tout partenariat stratégique avec les différentes puissances étrangères. Cette exigence vaut avec la même force pour les États-Unis, la Chine, la Russie, l’Union européenne comme pour toute autre puissance désireuse de coopérer avec notre pays.
Le CNRC invite l’ensemble des partenaires de la République démocratique du Congo à faire preuve de la lucidité et du courage politique qu’impose depuis des décennies la gravité de la situation.
Persister à construire des solutions sur des fondations dont chacun mesure aujourd’hui la fragilité reviendrait à prolonger une crise que tous prétendent pourtant vouloir résoudre. Le courage politique consiste parfois à reconnaître qu’une stratégie n’a pas produit les résultats attendus et qu’il est temps de la changer.
Le peuple congolais, comme une part croissante de l’opinion internationale, prend aujourd’hui conscience des véritables enjeux qui se jouent en République démocratique du Congo. Il n’est pas trop tard pour faire prévaloir le droit sur les arrangements de circonstance, la souveraineté sur les intérêts de court terme et la justice sur le statu quo.
Néanmoins et plus que jamais, le CNRC appelle le peuple congolais à demeurer le premier artisan de son propre destin. Aucune puissance étrangère ne reconstruira la République démocratique du Congo à la place des Congolais.
Le CNRC appelle le peuple congolais à se mobiliser tous azimut afin d’obtenir l’annulation pure et simple de l’Accord de Washington. Cet accord qui donne l’illusion à Félix Tshisekedi et à ses partisans que tout leur est permis en RDC et que les intérêts nauséabonds de leur petite clique priment sur ceux du peuple et de la nation congolaise.
À ce jour, cet accord qui offre une prime aux crimes à Paul Kagame et ses nombreux complices n’a apporté ni la paix, ni la sécurité, ni la restauration de la souveraineté nationale. Pour trop de nos compatriotes, il n’aura offert que ce que l’Histoire appelle la paix des cimetières.
La République démocratique du Congo mérite mieux. Elle mérite une paix fondée sur la justice, la légitimité, la souveraineté et le respect de la volonté du peuple congolais.
Pas de paix. Pas de souveraineté. Pas de sécurité juridique. Donc, pas d’accord.
Ingeta!
Pour le Conseil National de la Résistance Congolaise (CNRC)
Candide OKEKE
• Responsable du pilotage stratégique du CNRC
• Collaboratrice de Mr Honoré Ngbanda de 2005 à 2021
• Responsable du site www.resistancecongolaise.com
• Vice-présidente National de l’APARECO

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